Papillons et Avions: quand deux passions se croisent.

doubibinayamini2.jpgDov Binyamini a deux passions: les papillons, dont il a fait son passe-temps favori, et l’ingénierie aéronautique, dont il a fait son métier.

Sa passion des papillons l’a amené à parcourir le monde et lui a fait vivre des situations rocambolesques. Il a découvert pas moins de quinze nouvelles espèces de papillons au cours de ses périples et a eu le privilège de pouvoir leur donner des noms. Et ce sont des noms hébreux qu’il a choisi, parmi lesquels Sigal, Talia et Léa, noms de ses filles et de sa femme qui ont souvent partagé avec lui ces aventures hors du commun, pour le meilleur et parfois pour le pire.

L’homme au chapeau et au filet à papillon, qui s’extasie devant chaque insecte qui passe, qui les reconnaît et court après comme un enfant heureux, a aussi une autre casquette: il est l’un des esprits les plus novateurs et les plus respectés de l’Industrie Aéronautique Israélienne pour laquelle il travaille depuis plus de 40 ans. Il a reçu le prix de la sécurité d’Israël pour le développement du système de l’avion Kfir, a été le directeur de production du projet Lavi, consacrant la plus grande partie de sa carrière au développement des avions de chasse.

doubibinyamini3.jpgA 70 ans, Dov – Doubi - Binyamini vit toujours aussi intensément ses deux passions, si ce n’est plus. Il les a en effet réunies depuis six ans en créant un des laboratoires les plus étonnants de l’Industrie Aéronautique Israélienne. Il y travaille entouré de fidèles collaborateurs appelés « les doubonim » ce qui signifie « les oursons », Doubi voulant dire: « mon ours ».

Lui et ses collaborateurs sont certes considérés comme l’équipe de « farfelus » de l’endroit mais aussi, sans nul doute, comme une des équipes les plus géniales. Une de leurs dernières créations: le robot papillon.

Ce papillon est capable de filmer et retransmettre en temps réel les images saisies. Il est tout à fait adapté aux grands espaces fermés, tels les aéroports et les gares. Il est aussi capable de poursuivre des cibles, voire il pourrait les attaquer s’il en recevait l’ordre, se métamorphosant en une arme dernier modèle contre d’éventuels terroristes. On se croirait dans le dernier James Bond ou le prochain Spy Kids.

Si Dov Binyamini tente de reproduire avec ses inventions les mécanismes de vol des insectes, il cherche aussi à se rapprocher de leurs méthodes pour recharger leurs batteries. En effet, deux simples gouttes de nectar suffisent aux papillons pour leur procurer une heure d’autonomie de vol. Voila qui le fait rêver. Alors il imagine son robot papillon capable de se recharger grâce aux sucres ou grâce au soleil, simplement posé sur le rebord d’une fenêtre… Et il continue à créer et à innover.
Conclusion: si vous étiez poursuivi par un papillon un peu particulier à l’Aéroport International de Tel-Aviv à un prochain voyage, ne soyez pas surpris. Et souriez, car il vous prend en photo et c’est du direct.

Je vous mets ici le lien vers la vidéo qui illustre ces propos, car même si elle est en hébreu, vous ne pourrez manquer l’enthousiasme communicatif de ce personnage hors du commun qu’est Dov Binyamini. Il va sans dire que les inventions les plus secrètes ont été enlevées de son laboratoire avant de laisser entrer l’équipe de cameramen.

http://www.mako.co.il/news-military/security/Article-ac57fdae13aef21004.htm&sCh=3d385dd2dd5d4110&pId=565984153 

Histoires de reins, histoires de cœurs et histoires de vie aussi.

greffe3.jpgEn Israël, la paix si recherchée et pourtant si absente prend parfois des voies détournées, souvent loin des regards, souvent près des cœurs. Ainsi il n’est pas rare que des dons d’organe fassent se rejoindre des familles juives et arabes, israéliennes et palestiniennes, même lorsque la mort du donneur a été induite par le conflit persistant entre ces peuples.

Combien de cœurs juifs battent ainsi dans des poitrines arabes, combien de poumons arabes redonnent souffle à des poitrines juives, combien de cornées qui redonnent la vue aux uns comme aux autres, tous dons qui changent à jamais les regards. 

Mais c’est d’une autre greffe que je vais vous parler aujourd’hui, de deux mêmes, pas moins impressionnantes pour les esprits et les cœurs. 

greffecoeur.jpgCe sont les destins de deux familles qui se sont en effet croisés sous le ciel tel-avien et qui se sont joints ce lundi 11 avril. Écoutez l’histoire, une histoire de reins mais aussi de cœurs et une histoire de vies aussi… 

Deux femmes étaient suivies dans deux hôpitaux différents de Tel-Aviv: Choula et Eva.

Choula a 58 ans. Elle attend depuis des années la greffe qui la sauvera et les dialyses ne suffiront plus longtemps à assurer sa survie.

Eva, deux fois moins de printemps et mère d’un petit garçon de 6 ans, vit le même drame. Elle avait 16 ans quand sa mère lui a fait don d’un rein. Mais douze années plus tard, ce rein ne fonctionne pas suffisamment et seule une nouvelle greffe pourra la sauver.  

L’état de Choula comme celui d’Eva ne permettent plus l’attente indéfinie d’une greffe. Alors Avi,  le gendre de Choula propose de faire don d’un rein tandis que Vivian,  l’unique sœur d’Eva est prête au même geste.

Si Choula est israélienne, Eva, Vivian et leur mère sont philippines. Et si Eva et sa mère vivent et travaillent en Israël, Vivian, qui y a vécu aussi, a été renvoyée dans son pays d’origine par les lois du travail. Il faudra quelques mois de paperasseries pour assurer le retour de Vivian et lui octroyer une assurance maladie lui permettant les lourds parcours médicaux qui s’annoncent, mais enfin elle est là… 

Tout semble donc s’éclairer pour les deux femmes qui ignorent encore tout l’une de l’autre. Sauf que voilà: pour l’une comme pour l’autre, le verdict tombe, dur et désespérant: les groupes sanguins des donneurs ne peuvent assurer une compatibilité optimale de la greffe avec leur organisme; les médecins ne prendront pas le risque. 

Alors que les espoirs s’effondrent pour les deux femmes, le destin entre en scène: leurs médecins leur font part d’une possibilité très peu usitée en Israël et qui peut marcher dans leurs cas: une greffe croisée. En effet, le rein d’Avi est compatible avec l’organisme d’Eva et celui de Vivian est compatible avec l’organisme de Choula. S’ils acceptent, il suffit d’échanger les destinataires des greffons. 

greffedereins.jpgC’est ce qui se fera. Et ce lundi 11 avril a vu se dérouler les quatre interventions. Elles se devaient d’être parfaitement coordonnées, avec un timing identique.

Les équipes étaient prêtes, attentives et sous pression: à Ichilov, sous la direction du Professeur Richard Nakache, où se trouvaient Eva et Vivian et  à Bellison, sous la direction du professeur Eitan Mor, où étaient pris en charge Choula et Avi. 

Là, le hasard n’avait plus aucune place… Après trois heures d’interventions, les reins passaient d’un hôpital à l’autre, logés dans une glacière calée à l’arrière d’un taxi, rejoignant les équipes et leurs destinataires, prêtes pour l’attendu et redouté moment, non sans que les chauffeurs aient reçu de fermes recommandations de prudence pour ce transport très particulier et ô combien précieux.

Ce lundi 11 avril, le rein de Vivian, sœur d’Eva, est ainsi allé redonner vie et espoir à Choula, l’israélienne et celui d’Avi, gendre de Choula,  est allé redonner espoir et vie à Eva, la jeune mère philippine. 

Tout s’est parfaitement déroulé pour les quatre acteurs principaux de ce qui pourrait bien être un formidable scénario!

Durant toute la durée des interventions, en plus des familles, il y avait Sylvia dans la salle d’attente. Sylvia, quatre-vingt trois ans, chez qui travaille la mère d’Eva depuis 6 ans. Sylvia qui n’a pas bougé toutes ces interminables heures, lisant avec foi et ferveur les Psaumes de David, sa manière à elle de soutenir la main des chirurgiens et de faire pencher vers le bien les destins. Et Sylvia a conté.

Elle a conté combien la mère d’Eva et Vivian n’était pas uniquement une auxiliaire de vie, mais bien son amie, ange véritable de son foyer. Sylvia tient à dire combien il faut remercier ces personnes qui viennent de si loin pour aider, avec dévouement et affection souvent,  transformant la vie de personnes âgées qui ne pourraient sans elles rester à domicile. Or quitter leur domicile, ne serait-ce pas pour beaucoup alourdir et raccourcir leurs jours? 

Alors Sylvia souligne l’injustice de ces lois du travail qui les renvoient dans leur pays d’origine et le crève cœur que cela peut être pour certains. 

Ainsi Vivian qui dans deux mois doit repartir. 

Sa mère explique avec des larmes, avec pudeur aussi, combien cette situation est terrible pour elle, sa joie d’être entourée de ses deux filles ces jours déjà voilée de la douleur de savoir cette joie si brève. Deux mois seulement et elles seront à nouveau séparées. 

Alors en plus du miracle des reins et des cœurs croisés en ces jours, est venu se greffer un autre miracle, un miracle sur la bureaucratie et ses règles qui nécessiteraient souvent bien plus de souplesse: l’autorisation pour Vivian de rester avec sa mère et sa sœur pour poursuivre leurs vies ensemble en Israël. Car pour ces travailleurs venus de loin, ce sont des greffes de vies, souvent réussies qu’il s’agit parfois de sauver aussi. 

Dina Sirat©

À l’ombre des hippos: le dialogue

La ville de Kalkiliya, située au nord-ouest de Ramallah en Cisjordanie, a accueilli cette semaine un nouvel habitant. Et il pèse son poids, puisqu’il s’agit d’un hippopotame d’une tonne et demi, qui est allé retrouver un ancien compagnon du Safari de Ramat Gan où ils vivaient ensemble il y a quelques mois encore.

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Tout seul dans son enclos de Kalkiliya, notre hippo commençait en effet à trouver le temps long. C’est donc dans un esprit de partenariat parfait et un souci commun de son confort et de ses états d’âme que les dirigeants des deux zoos ont décidé du transfert d’un compagnon, histoire de lui redonner le moral. 

Car selon l’adage bien connu, il n’est pas bon pour l’hippo de vivre seul…1hippodiki.jpg

Il faut noter que le Jardin Biblique de Jérusalem – à visiter absolument- autant que le Safari de Ramat Gan, sont engagés depuis longtemps dans un partenariat avec le Zoo de Kalkiliya. 

Le  directeur de ce dernier, Saad Khader et le Docteur Sami Abdel Hader, son vétérinaire, avaient rencontré la semaine d’avant le directeur du Safari, Yehouda Bar, sa zoologiste, le Docteur Amalia Terkel et son vétérinaire, le Docteur Yigal Horovitz. Tout cela sans qu’ils se traitent de noms d’oiseaux bien entendu… 

Plus sérieusement, si j’insiste ainsi en les nommant tous, c’est pour souligner qu’entre palestiniens et israéliens, il existe bien des rencontres véritables, entre gens qui ont des noms, des qualifications et qui recherchent un échange réel et efficace. 

On sort donc des stéréotypes:

- le palestinien écrasé, vivant dans ce qui serait un quart monde, sans terre, sans ressource, sans présent ni futur.

- ou si on regarde d’un autre angle: ce terroriste de palestinien qui ne vise qu’à détruire Israël, en chasser tous les juifs, se faire sauter dans ses cafés et autobus et dont le passe-temps favori est le lancer de missiles sur ses villes.

Toutes images qui font oublier les palestiniens qui, sans lien aucun  avec les organisations terroristes, veulent juste vivre et faire vivre leurs familles dans la dignité et dans un état qui serait le leur.

Et qui font oublier aussi que Ramallah est en passe de devenir une des villes les plus courues du Moyen-Orient, le développement des villes palestiniennes d’un point de vue économique, culturel et social défiant le pessimisme et les statistiques mondiales actuelles…

Quant aux dénominations habituelles de l’israélien, on peut aussi mettre de coté les images si communément brandies:

- soldatesque écrasante qui ne cherche qu’à faire plier la population palestinienne dans des attentes sans fin aux check-points, par exemple, sans aucun doute physiquement et psychologiquement épuisantes  pour les palestiniens, et sans raisons d’être pour la majorité, mais mis en place, rappelons le tout de même, pour tenter d’éviter les sanglants et meurtriers attentats, suicides ou pas.

- image de l’israélien  appliquant  un blocus inique et asphyxiant: image qui omet que des milliers de tonnes de produits de toutes sortes transitent chaque jour vers Gaza depuis Israël et que ce blocus vise à empécher le transfert de Gilad Shalit prisonnier depuis près de 5 ans du Hamas vers d’autres lieux et à stopper le passage de matériaux permettant la fabrication des missiles alimentant le nouveau sport gazaoui,  prisé par près de quinze organisations terroristes diverses et variées, sauf quant à leur but: viser les civils israéliens…  

On va donc choisir de laisser de coté ici tous les stéréotypes qui font peut-être grimper les audimats et les haines mais ne représentent pas toute la réalité et n’aident pas vraiment à résoudre les conflits.  

Voila donc, pour revenir à notre sujet, des hommes et des femmes éduqués, qualifiés, avec des idées de coopérations devant profiter à tous, qui se rencontrent, se parlent, s’écoutent et se respectent!

Nos amis ont d’ailleurs décidé cette semaine de développer plus avant leurs partenariats: d’autres transferts d’animaux vers le zoo de Kalkilya sont prévus. Il a aussi été décidé de la participation des vétérinaires de Kalkiliya à des stages de formation complémentaire à l’hôpital du Safari où leurs animaux pourront être soignés… 

Et oui, comme quoi il n’est pas si dur de trouver un langage commun entre les humains aussi, même de part et d’autre de la barrière. 

On le sait nous… de très nombreux partenariats existent entre israéliens et palestiniens, même -et surtout- sans publicité, même sans faire la une des journaux et avec de très belles réalisations et réussites dans de nombreux domaines. 

Et si on mettait aussi nos hommes politiques dans ces enclos… on finirait peut-être par les faire se rencontrer pour de bon, à l’ombre des hippos?

Dina Sirat ©

Juliano Mer Khamis – Deux faces et une vie.

arnaandsalibasmall.jpgJuliano Mer Khamis est né double, sous le signe des Gémeaux: né d’une mère Juive israélienne, Arna Mer et d’un père Arabe, Chrétien palestinien: Saliba Khamis.

La famille de sa mère ne reviendra pas de Buchenwald, celle de son père vivra exilée au Liban. Sa mère combattra avec le Palmah en 1948 avant de devenir membre du Parti communiste israélien, devenue ardente défenseure des droits des palestiniens. Et c’est ainsi qu’elle rencontrera son père, haut responsable de ce même Parti.

Bravant toutes les conventions ils vont s’épouser et auront trois enfants qui devront apprendre à vivre avec ces deux faces. .Juliano est celui du milieu.

juliano1.jpgIl est beau, il a du charisme, il est justicier et révolutionnaire dans l’âme. Il déteste la laideur et prendra le parti de celui qui lui semble le plus faible. Il avait servi dans une des unités les plus glorieuses de l’armée israélienne: les parachutistes. Puis il avait commencé des études d’art dramatique, devenant acteur et metteur en scène. Il jouera dans de prestigieux théâtres israéliens et sous la direction de grands cinéastes, en Israël et à l’étranger aussi.

Son conflit personnel entre ses deux faces, il cherchera à le résoudre au-delà de lui-même, en tentant de créer un pont entre les peuples palestinien et israélien, Juif et Arabe, et cela par le théâtre et la culture qu’il considérera comme le lieu de métamorphose nécessaire des révolutions, comme le creuset le plus à même de faire jaillir l’étincelle qui éclaire et transforme et non celle qui brûle et assassine.

Pour lui, en effet, l’art était une profession double, hybride comme lui-même: théâtre et thérapie, expression artistique et désir d’être utile.  L’excès de pression émotionnelle qui pouvait générer des actes irréparables devait s’exorciser sur scène dans la passion du jeu. Avec un rideau qui se lève et qui se baisse sur des êtres qui même morts se relèvent.

Il était capable d’enseigner des valeurs morales. Il savait montrer aux jeunes comment enrichir leur existence en adhérant à des principes moraux plus élevés. Il recherchait l’approbation collective autour de ses projets sans pouvoir éviter des malentendus cependant: tout son désir réel de coopération, toute son empathie face à la cruauté et la laideur de la vie dans le camp de Djénine ne devront pas suffire à convaincre de sa sincérité. Comme il le disait lui-même, Il n’aura jamais été autant « le Juif » ou « le sioniste » qu’à Djénine. De même que pour certains il aura été ressenti comme le traître en Israël.  Surtout quand, oubliant parfois ses deux faces, choisissant irrévocablement l’une par rapport à l’autre, semblant oublier que le plus faible est parfois aussi le plus fort, il en arrivera à soutenir le boycott culturel d’Israël, lui le défenseur de la culture, lui sachant combien le cinéma israélien est défenseur des droits des palestiniens et déclarera soutenir une Palestine aux frontières de 1948, balayant ainsi Israël vers la poubelle de l’Histoire!

Il déclarait pourtant aussi que, définitivement, israéliens et palestiniens n’auraient pas d’autre choix que de vivre ensemble sur la même terre. Comme lui devait vivre avec lui-même, Juif et Arabe Chrétien, Israélien et Palestinien, seule possibilité pour lui de sortir de cette vie provisoire, de ce sentiment de jamais achevé, jamais satisfait, agité et agitateur pour le meilleur et pour le pire.

Son sens aigu de la justice le poussera vers un travail capable de susciter des réformes sociales, visant à l’amélioration de la société. Il aurait pu choisir de devenir Chef de parti,  travailler dans un gouvernement, exerçant à une échelle encore plus vaste ses talents de réformateur et de persuasion? Il aurait utilisé avec plus de force peut-être son désir d’aider les plus faibles, sa vision des solutions offertes par l’accès à la culture? Car comme il le disait et le prônait: la troisième intifada devra être culturelle, par la musique, par le théâtre, le cinéma, la peinture, les livres… « C’est ainsi que vous gagnerez votre liberté » disait-il.

julianoetsamere.jpgLiberté, mot cher à sa mère qui l’influencera tant, et dont il reprendra le théâtre qu’elle avait fondé et tenu avec lui dans le camp de Djénine. C’est dans ce théâtre, le « Théâtre de la Liberté » que les enfants palestiniens recevront le goût de se battre autrement. Donnant l’espoir que les situations les plus tristes peuvent changer, mettant en principe ses idéaux. Passion et vitalité, contradictions, besoin de franchise, recherche de l’impossible, vie au travers des rêves qu’il rêve et met en scène pour les autres, qu’il transpose dans la vie des gens, même quand parfois ces rêves ne sont pas les leurs, créant des incompréhensions et des tensions qu’il paye cher, car il ne peut et ne sait que pousser à l’extrême son rêve et son idéal, car il veut y croire, car il est si sûr de savoir ce qui est bon pour ceux qu’il s’applique à aider, même quand ceux-ci s’y refusent, le refusent, lui le Juif, avec ses idées trop progressistes qui dérangent, qui ne sont pas comprises et qui sont rejetées.

Mais il aime défier les croyances des autres, il aime penser autrement, Il doit penser autrement car sinon comment sortir de toute cette misère de cette face de lui-même qui crie et qui pleure et qui voudrait connaître la même liberté que celle permise à l’autre part de lui-même, celle  qu’il a justement choisi de mettre de côté pour mener ce combat?

 Il s’immerge dans des idées, dans des rêves que les autres ne sont pas toujours prêts à accepter, ni dans un camp ni dans l’autre. Et certains prennent cela pour un abus de pouvoir et ils veulent venger les affronts.

N’avait-il pas réussi l’impensable: métamorphoser un des chefs militaires  des martyrs d’al-Aqsa, Zakaria Zoubeidi, en un homme de théâtre?

Et les affronts de Juliano ces temps, c’était de mettre sur scène des garçons et des filles. C’était de faire entrer dans son théâtre un public mixte. C’était de monter la pièce de Orwell, La ferme des animaux, mettant un musulman dans le rôle d’un cochon.

Juliano n’aime pas les compromis, Il n’en a pas fait avec les deux parts de lui-même, irrévocable, pour se consacrer à la révolution qu’il veut culturelle pour ces jeunes palestiniens.

theatredelaliberte.jpgSon théâtre, détruit lors de combats pendant la deuxième intifada, sera pourtant incendié deux fois en 2009 par des extrémistes islamistes. Signe fort qu’il choisira de ne pas entendre. Car il continuera, conscient de plus en plus de mettre sa vie même en danger, prophétisant sur sa mort: il dira qu’un jour sa femme ouvrira la porte sur son corps criblé de balles et il sera mort, assassiné par ceux qui auront pris pour un blasphème la présence de sa femme blonde, danger pour les jeunes musulmans de Djénine qu’elle pourrait compromettre par sa blondeur coupable.

Et effectivement, c’est de sa vie qu’il paiera sa liberté: criblé de balles près de son théâtre, le 4 avril 2011, alors qu’il circulait en voiture, avec son bébé de un an dont la nourrice sera légèrement blessée.

Ce n’est pas le camp israélien qu’il aura délaissé qui l’aura tué. Non, dans ce camp il était libre. Il avait des places prestigieuses dans ses théâtres, il jouait dans ses films. Il s’était marié avec une jeune femme juive et avait eu une fille avec elle, qui parlait arabe et jouait dans ses pièces. Puis il avait épousé une jeune femme finlandaise, militante des droits des palestiniens, venue sur le terrain pour se battre encore mieux, et qui lui donnera un fils et qui doit donner vie prochainement à des jumeaux, qui ne connaîtront pas leur père. Enfants doubles pour une ombre double. Car leur mère déclarait qu’elle n’en voulait même pas à ceux qui avaient tué son mari: « comment pourrait-on leur en vouloir? Ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient » dira-t-elle! Et voilà. Ses enfants penseront peut-être que c’est « l’ennemi » israélien qui est responsable, et ils ne connaîtront pas la double vie de leur père, son âme double, ses deux faces, la Juive et l’Arabe Chrétienne, l’israélienne et la palestinienne. Et on pleurera doublement de cette double fracture. Fracture de la vie et celle de la mémoire.

Juliano repose près de sa mère, en Israël, au kibboutz Ramot Ménashé. Sa mère dont il aura raconté le combat pour les enfants de Djénine, un combat qui passait par son théâtre, dans un documentaire prenant, qui force à changer le regard, tout au moins à l’ouvrir, à  oser d’autres angles, documentaire réalisé avec Danniel Danniel et intitulé « Les enfants d’Arna ». 

Les assassins de Juliano ne sont pas encore arrêtés, mais ils n’arrêteront pas non plus le mouvement que Juliano Mer-Khamis avait initié avec sa mère, le goût qu’ils avaient instillés: goût de la Liberté et un espoir de Paix.

Dina Sirat © – 11 avril 2011

 Juliano et son projet du Théâtre de la Liberté

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Juliano soutient le boycott culturel d’Israël

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Juliano prévoit son assassinat

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Civils dans la tourmente.

Comme vous vous en êtes rendus compte, je me fais moins présente sur ce blog depuis quelques temps. C’est en effet un temps grave, dans le monde entier, avec cette accélération de l’Histoire des Peuples et de la Terre qui a pris de cours les plus « avisés » et dont nous voyons chaque jour les conséquences et bilans qui se comptent plus en nombre de morts, en désolations présentes et promises, qu’en espoirs forts de renouveaux faits de Liberté et de Démocratie.

Vous le savez aussi, je vis en Israël, pays dont la taille est inversement proportionnelle à celle qu’elle occupe dans les médias, médias qui souvent ont adopté à son égard des positions qui surprennent tant elles ont pu dénoter, et dénotent encore, d’un manque de rigueur, de logique, de respect de la réalité des faits historiques et de ceux qui s’y déroulent pourtant aux yeux de tous.

C’est pourquoi j’ai choisi d’apporter une modeste contribution journalière sur le Forum des Auditeurs de Radio Shalom, dont j’ai reçu de son directeur, le journaliste Bernard Abouaf, le privilège et surtout la responsabilité d’animer la page Facebook avec un  »café-croissants » matinal et ses quelques nouvelles du jour qu’on aimerait combien plus légères souvent!

Car en effet, depuis quelques semaines, alors que le printemps devrait amener son renouveau de vitalité et d’optimisme, c’est à un obscurcissement de l’horizon qu’on assiste également ici.

Il y a d’abord eu le quintuple meurtre d’Itamar dans son indescriptible et  atroce sauvagerie, puis le retour d’une cadence de plus en plus appuyée et rapide des attaques contre la population du sud d’Israël par les redoutées et trop bien connues roquettes: kassams, obus de mortiers, grads, de plus en plus perfectionnés et pénétrant de plus en plus loin dans le territoire israélien et dans des zones de plus en plus peuplées, promesses de carnages aux dimensions plus à la mesure de l’inhumanité affichée par leurs lanceurs qui prennent pour cible les civils et leur imposent une journalière terreur.

Il y a eu ce jeudi une nouvelle escalade, le franchissement par le Hamas d’une ligne rouge inacceptable: cette fois, un missile anti-char de type kornet a été envoyé; et pas sur une cible militaire. Contrairement aux kassams au point de chute peu précis, ces missiles anti-chars sont parfaitement télécommandables. Et cette fois-ci la cible était: un autobus jaune.

Il faut bien comprendre que là, il n’y a pas de mur de protection à la frontière entre Gaza et Israël, vous savez ces fameux murs tant décriés, murs de la honte et de l’apartheid, spécifiquement quand ils se trouvent en Israël et veulent seulement tenter d’éviter les attentats dont sa population connaît dans sa chair et ses larmes le prix, un prix que personne ne serait prêt à payer ailleurs non plus… Mais bon…

Revenons à cet espace frontalier donc, quasi nu et libre, qui permet un champ de vision large et plongeant sur les routes israéliennes toutes proches. C’est là que la branche armée du Hamas a pris délibérément pour cible ce jeudi un autobus jaune, sachant pertinemment et sans possibles doutes qu’il s’agissait d’un autobus de transport d’enfants, un autobus scolaire.

Ici nous parlons souvent de miracle, là où d’autres parlent de hasard ou de chance. Le miracle donc cette fois, c’est que pas plus de 3 minutes avant l’atteinte du car par ce missile, une cinquantaine d’enfants en étaient descendus.

On ne parle pas de « colons » hein… au cas ou certains auraient malheureusement besoin de cette précision, le terme de colon gommant souvent pour ceux-là l’humanité de ceux qu’ils désignent, permettant ou tout du moins excusant pratiquement qu’ils soient pris pour cible.

Non, nous sommes bien en Israël, en une place reconnue du point de vue international comme territoire israélien. Bien sûr on est prêt de la frontière avec Gaza.

Ainsi dans ce bus jaune, il ne restait au moment de l’impact que le chauffeur et un jeune homme de 16 ans, pas du coin, mais qui allait rendre visite à sa grand-mère. Ne souriez pas, on est loin de l’histoire du petit chaperon rouge, de sa grand-mère et du grand méchant loup. En effet, ce jeune homme est dans un état critique, luttant entre la vie et la mort. Il a été atteint par de multiples éclats, qui se sont fichés dans tout son corps et en particulier dans son crâne, blessures altérant profondément ses fonctions vitales essentielles.

Israël a choisi de ne pas laisser passer un tel acte: l’attaque délibérée d’enfants est le franchissement d’une ligne qu’il ne peut ignorer et à laquelle il se doit de répondre, rapidement et de manière cinglante, d’autant qu’il connaît les nouvelles capacités des auteurs de ces attaques, les armes désormais en leurs possessions, le flou et les contradictions qui pointent désormais dans les ordres de ces organisations terroristes, l’option possible d’une escalade que peut prendre à tout moment le Hamas pour assurer son pouvoir alors que sa population commence elle aussi à vouloir descendre contre son pouvoir dans les rues. 

C’est dans ce tableau, dont je ne pouvais pas ne pas vous dépeindre la toile de fond, qu’Israël a commencé de nouvelles frappes dans Gaza, frappes elles aussi plus à l’intérieur et avec des conséquences qu’il préférerait éviter: les pertes de civils palestiniens.

Nous arrivons donc à un sujet douloureux pour beaucoup et source souvent de virulentes critiques et accusations contre Israel: les pertes civiles provoquées par les frappes de Tsahal.

Ainsi, pour prendre un exemple des plus récents, le Hamas faisait état vendredi, après une frappe de Tsahal, du décès d’une femme et de sa fille, âgées de 42 et 21 ans.

Bien entendu Tsahal et tout israélien  ne peuvent que regretter, voire pour certains être carrément ulcérés, torturés par ces morts de civils qui n’ont rien à voir avec les terroristes.

Néanmoins réfléchissons: ces civils ont été touchés pour la seule raison que la branche armée du Hamas place ses lanceurs de missiles dans des zones habitées, que la population soit d’accord ou pas (même si certains, plus radicaux, diront que c’est la population qui a amené le Hamas au pouvoir et l’y maintient et donc a aussi une certaine responsabilité).

Bien sûr, le Hamas espère par ces méthodes abjectes utilisant la population de Gaza comme bouclier, déclencher, lors des répliques de Tsahal, les réprobations internationales habituelles contre Israël – si ce n’est condamnations - qui ne manquent jamais de s’élever lors de morts de civils palestiniens. Même si pendant 8 ans Israël n’a guère entendu, ne fut-ce qu’un murmure, lors des attaques journalières contre sa population, cible des roquettes du Hamas…

On arrive donc à des situations où les gouvernements étrangers condamnent souvent tout autant, et plus gravement, de manière similaire, les attaques contre les civils israéliens et les répliques israéliennes, qui provoquent parfois et malheureusement aussi des pertes civiles.

On omet donc ainsi que Tsahal ne choisit pas de viser ces civils et fait même en général tout ce qui est en son pouvoir pour les éviter.

On peut comprendre pourtant aisément que Tsahal ait l’obligation et le devoir de détruire les lanceurs de roquettes et autres missiles! Qu’il ne peut prendre le risque de voir se reproduire les drames que l’on ne connait que trop bien, résultants des tirs répétés sur ses populations!

Comment Tsahal pourrait-il repérer un lanceur et ne pas le détruire? Quel gouvernement, quel instance internationale peut avoir le front de le lui demander, lui retirant de fait son droit et devoir premier et inaliénable: protéger sa population civile?

Tsahal peut-il prendre le risque et la responsabilité que les missiles d’un lanceur repéré et non immédiatement détruit touchent sa population?

Alors?

Au lieu de demander à Israël de modérer ses répliques, laissant ainsi entendre qu’il viserait autre chose que les cellules terroristes, les lanceurs de roquettes et les caches d’armes qui menacent de manière immédiate le plus souvent - et sinon à court terme – sa population, ne faudrait-il pas que tous les gouvernements étrangers, toutes les instances internationales condamnent fermement, et chaque fois, l’utilisation par le Hamas des populations civiles de la Bande de Gaza, elles-mêmes prises en otage par ces terroristes? Ne renforceraient-ils pas ainsi ces populations qui n’ont souvent pas leurs mots à dire quand leurs sous-sols sont bourrés d’armes et de munitions et leurs cours utilisées pour parquer les lanceurs de missiles semeurs de mort et de terreur chez leurs voisins?

Pourquoi ne tiennent-ils pas ce simple raisonnement qui permettrait bien plus sûrement de protéger les civils et ce, des deux côtés?

Dina Sirat ©

 

 

 

 

 

 

Sergueï Rachmaninoff (2 avril 1873 – 25 mars 1943)

250pxsergeirachmaninoffloc33969u.jpgJe n’ai jamais totalement pu me décider ni savoir quelle était ma vraie vocation: celle de compositeur, de pianiste ou de chef d’orchestre. J’ai peur qu’en cheminant dans trop de domaines à la fois, je ne fasse pas le meilleur usage possible de ma vie. Comme dit le vieux dicton russe, « j’ai couru trois lièvres à la fois » – mais puis-je être sûr d’en avoir au moins attrapé un ? » Sergueï Rachmaninov.

Je vous laisse découvrir Rachmaninoff dans ce magnifique site qui lui est consacré: http://www.rachmaninov.fr/biographie.htm

Belles découvertes et belles écoutes.

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Paul Verlaine

Paul Verlaine 

verlaine.jpg

(30 mars 1844 – 1er aout 1896) 

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En sourdine

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Calmes dans le demi-jour
Que les branches hautes font,
Pénétrons bien notre amour
De ce silence profond.

Fondons nos âmes, nos cœurs
Et nos sens extasiés,
Parmi les vagues langueurs
Des pins et des arbousiers,

Ferme tes yeux à demi,
Croise tes bras sur ton sein,
Et de ton cœur endormi
Chasse à jamais tout dessein.

Laissons-nous persuader
Au souffle berceur et doux
Qui vient à tes pieds rider
Les ondes de gazon roux.

Et quand, solennel, le soir
Des chênes noirs tombera,
Voix de notre désespoir,
Le rossignol chantera.

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Il pleure dans mon coeurImage de prévisualisation YouTube

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Il pleure dans mon cœur,
Comme il pleut sur la ville,
Quelle est cette langueur,
Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie,
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison,
Dans ce cœur qui s’écœure.
Quoi ! nulle trahison ?
Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine,
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine
Mon cœur a tant de peine!

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Chanson d’automneImage de prévisualisation YouTube  

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

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Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? – Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

Soleils couchants

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mon cœur qui s’oublie
Aux soleils couchants.
Et d’étranges rêves,
Comme des soleils
Couchants sur les grèves,
Fantômes vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
À de grands soleils
Couchants sur les grèves.

Paul Verlaine, Poèmes saturniens

Et puis tous les autres à redécouvrir et à découvrir…

Bad News!

D’autres pages bien entendu appelant à une 3ème Intifada et dont le nombre « d’inscrits » enfle rien quand cliquant dessus! 

On arrive ainsi à des chiffres dépassant les 3 millions… 

Évitez de cliquer sur ces pages si votre compte Facebook n’est pas protégé (votre adresse FB doit commencer par https et non http pour être sécurisée ).

Good News!

Changement de décision de Facebook ou problème d’affluence sur la page? L’appel à une 3ème Intifada pour le 15 mai prochain et qui atteignait les 350 000 membres n’est plus en ligne!

Nous attendons plus d’amples précisions et espérons, s’il s’agissait d’une décision de Facebook, qu’il sache veiller à ce que cette page ne se réinstalle pas!

Les Banot Nehama

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